
Bonus-malus assurance auto : tout comprendre sur votre coefficient CRM
Le bonus-malus (ou coefficient de réduction-majoration, CRM) est un mécanisme légal qui ajuste chaque année votre prime d'assurance auto à la hausse ou à la baisse selon votre historique de sinistres responsables. Vous démarrez avec un coefficient de 1,00 ; chaque année sans sinistre responsable le réduit de 5 %, jusqu'à un plancher de 0,50 ; chaque sinistre responsable l'augmente de 25 %, dans la limite d'un plafond de 3,50. Ce coefficient vous suit quel que soit votre assureur, grâce au relevé d'information.
Pourquoi le bonus-malus est central dans votre assurance auto
L'assurance auto : une obligation légale
Toute personne dont la responsabilité civile peut être engagée par un véhicule terrestre à moteur doit, pour le faire circuler, être couverte par une assurance garantissant cette responsabilité — c'est l'obligation d'assurance posée par l'article L211-1 du Code des assurances. En l'absence de couverture, vous vous exposez à une amende pouvant atteindre 3 750 € ainsi qu'à des peines complémentaires (suspension ou annulation du permis, confiscation du véhicule…).
Pour tout comprendre sur vos garanties auto au-delà du seul bonus-malus, consultez notre guide complet assurance auto.
Pourquoi le CRM compte autant concrètement
Le coefficient bonus-malus est l'un des principaux leviers sur lesquels votre assureur se base pour calculer votre prime annuelle. Trois situations illustrent son impact direct :
- Conducteur avec 10 ans de bonus maximal (CRM 0,50) : sa prime de référence est divisée par deux par rapport à un conducteur débutant à 1,00 — une économie significative à profil et formule identiques.
- Accident responsable une seule fois : le coefficient passe de 1,00 à 1,25 dès l'échéance suivante, soit une majoration immédiate de 25 % de la prime de référence.
- Deux sinistres responsables dans l'année : les majorations se cumulent, poussant le coefficient à 1,56 (1,00 × 1,25 × 1,25), ce qui peut rendre la prime sensiblement plus lourde et compliquer la recherche d'un assureur au tarif standard.
Comprendre ce mécanisme, c'est donc mieux anticiper l'évolution de votre prime et adapter votre comportement au volant en conséquence.
Ce que couvre votre assurance auto (et comment le bonus-malus s'y articule)
La responsabilité civile (RC) : le socle obligatoire
La garantie responsabilité civile, dite « au tiers », couvre les dommages corporels et matériels que vous causez à d'autres personnes (piétons, autres conducteurs, passagers…). Elle n'indemnise pas vos propres dommages ni vos blessures lorsque vous êtes responsable de l'accident.
> Le bonus-malus ne porte que sur les sinistres pour lesquels votre responsabilité est engagée (totalement ou partiellement). Un sinistre non responsable — par exemple, une collision dont vous n'êtes pas fautif — n'affecte pas votre coefficient.
Les garanties facultatives qui interagissent avec le CRM
- Dommages tous accidents (tous risques) : indemnise votre véhicule même lorsque vous êtes responsable ou que le tiers n'est pas identifié (délit de fuite, accident seul). C'est généralement ce type de sinistre — responsable — qui déclenche un malus.
- Garantie du conducteur : indemnise vos propres blessures si vous êtes responsable. Indispensable, car la RC ne vous couvre pas vous-même en tant que conducteur fautif. Elle n'influe pas directement sur le CRM, mais elle est particulièrement importante pour les conducteurs malusés qui roulent avec des formules moins étendues.
- Vol, incendie, bris de glace, catastrophes naturelles : ces sinistres sont en principe sans impact sur votre coefficient (sinistres non responsables). Vérifiez néanmoins votre contrat, car les conditions peuvent varier.
- Assistance et protection juridique : garanties indépendantes du CRM, à évaluer selon votre usage.
Exemple concret
Vous êtes seul responsable d'une sortie de route : votre assureur indemnise votre véhicule (si vous avez la garantie dommages) et applique un malus de +25 % à l'échéance suivante. Si, quelques mois plus tard, votre pare-brise est brisé par un caillou, votre CRM n'est pas modifié — à condition que votre contrat le précise ainsi.
Le bonus-malus en détail : règles, calcul et relevé d'information
Le coefficient de réduction-majoration (CRM) : bases légales
Le bonus-malus est encadré par la clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances, qui s'impose à tous les assureurs. Voici les règles essentielles :
|
Situation |
Impact sur le coefficient |
|---|---|
|
Départ (1re année) |
1,00 |
|
Chaque année sans sinistre responsable |
× 0,95 (−5 %) |
|
Plancher (bonus maximum) |
0,50 |
|
Sinistre responsable total |
× 1,25 (+25 %) |
|
Sinistre à responsabilité partagée |
× 1,125 (+12,5 %) |
|
Plafond (malus maximum) |
3,50 |
> Ces règles sont issues du socle légal (art. A121-1 du Code des assurances). Certaines modalités restent à confirmer avec votre assureur selon votre contrat.
La « descente » du malus dans le temps
Après un ou plusieurs sinistres responsables, votre coefficient redescend progressivement dès lors que vous ne causez plus d'accident. La vitesse de descente dépend des règles de la clause type et de votre coefficient de départ — consultez service-public.fr et votre relevé d'information pour suivre précisément votre historique.
Le relevé d'information : votre « passeport » bonus-malus
Le CRM suit le conducteur, pas le véhicule. Lorsque vous changez d'assureur, votre ancien assureur est tenu de vous fournir un relevé d'information mentionnant notamment votre coefficient actuel et vos sinistres des deux à cinq dernières années. Ce document est indispensable pour tout nouveau contrat.
Pour tout savoir sur ce document, consultez notre guide sur le relevé d'information assurance auto.
Franchise et malus : deux notions distinctes
- La franchise est la somme restant à votre charge après un sinistre (son montant varie selon la garantie et le contrat — à vérifier dans vos conditions générales).
- Le malus est une majoration de votre prime pour les années suivantes.
Ces deux mécanismes s'appliquent indépendamment : après un accident responsable, vous payez la franchise ET vous subissez une hausse de coefficient à l'échéance. Ne confondez pas les deux.
Les exclusions fréquentes qui aggravent la situation
Certains sinistres peuvent être pris en charge par votre assureur tout en entraînant un malus, mais d'autres peuvent être exclus de garantie (et donc non indemnisés) tout en étant déclarés responsables :
- Conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants
- Défaut de permis valide
- Usage non déclaré du véhicule (ex. usage professionnel ou VTC non déclaré)
- Fausse déclaration au souscription
> La liste exacte des exclusions est propre à chaque contrat — vérifiez toujours vos conditions générales.
Combien ça coûte : les facteurs de prix liés au bonus-malus
Le bonus-malus n'est qu'un facteur parmi d'autres
Le montant de votre prime dépend d'une combinaison de facteurs — le CRM en est l'un des plus déterminants, mais il interagit avec :
- Votre profil : âge, ancienneté du permis (surprime jeune conducteur les premières années, distinct du bonus-malus), antécédents de sinistres
- Votre véhicule : puissance, valeur, âge, carburant (thermique, électrique…)
- Votre zone de circulation et de stationnement : densité de trafic, statistiques locales de sinistralité et de vol
- Votre usage : kilométrage annuel, usage privé ou mixte, trajet domicile-travail
- La formule choisie : au tiers, tiers intermédiaire ou tous risques
- Les franchises et options sélectionnées (garantie du conducteur, assistance, protection juridique…)
L'impact concret du coefficient sur la prime
Sans jamais avancer un tarif précis (la prime réelle dépend de votre dossier complet), voici comment le CRM joue sur la prime de référence :
- CRM 0,50 (bonus maximal) → prime de référence réduite de moitié
- CRM 1,00 (départ ou retour à la normale) → prime de référence appliquée telle quelle
- CRM 2,00 → prime de référence doublée
- CRM 3,50 (malus maximal) → prime de référence multipliée par 3,5
> Ces multiplicateurs sont indicatifs et illustrent la mécanique du CRM. La prime finale intègre l'ensemble des facteurs listés ci-dessus. Pour connaître votre tarif réel, seul un devis personnalisé fait foi.
Conducteur malusé ou résilié : des solutions existent
Si votre coefficient est élevé ou si vous avez subi une résiliation par votre assureur, des assureurs spécialisés proposent des contrats adaptés. En dernier recours, le Bureau Central de Tarification (BCT) peut contraindre un assureur à vous couvrir pour la RC obligatoire. La situation est gérable — ne restez jamais sans assurance.
Comment choisir votre formule et résilier si nécessaire
Choisir la bonne formule selon votre CRM
Votre coefficient bonus-malus doit orienter le choix de votre formule :
- Bonus élevé (CRM proche de 0,50) : vous bénéficiez d'un tarif avantageux ; une formule tous risques est souvent accessible à un coût raisonnable pour protéger un véhicule de valeur.
- Malus en cours (CRM > 1,00) : la prime peut être élevée ; comparer les offres est d'autant plus utile. Envisagez d'arbitrer entre l'étendue des garanties et le coût, tout en conservant au minimum la RC + la garantie du conducteur.
- Véhicule ancien ou de faible valeur : même avec un bon bonus, la formule au tiers peut suffire si l'indemnisation dommages resterait inférieure au surcoût de la prime tous risques.
Les critères clés pour comparer les offres
- Le montant et les modalités de la franchise (fixe, relative, par sinistre ou par an)
- Les plafonds d'indemnisation et la méthode d'évaluation (valeur à dire d'expert, valeur à neuf limitée dans le temps…)
- La présence et l'étendue de la garantie du conducteur
- Les exclusions précisées dans les conditions générales
- La qualité de l'assistance (délai d'intervention, prise en charge du remorquage)
Résilier facilement grâce à la loi Hamon
Depuis la loi Hamon (art. L113-15-2 du Code des assurances), vous pouvez résilier votre contrat auto à tout moment après la première année, sans frais ni pénalité, et sans avoir à justifier votre décision. Le nouvel assureur se charge des démarches auprès de l'ancien. La résiliation prend effet un mois après la notification, et votre nouveau contrat prend le relais immédiatement — la RC obligatoire ne doit jamais être interrompue.
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Questions fréquentes
Quel est le coefficient de départ en assurance auto ?+
Tout conducteur débute avec un coefficient de 1,00. Dès la première année sans sinistre responsable, il passe à 0,95 (−5 %).
Quel est le bonus maximum que je peux obtenir ?+
Le coefficient ne peut pas descendre en dessous de 0,50 (bonus maximal), soit une prime de référence réduite de moitié. Ce plancher est fixé par la clause type de l'article A121-1 du Code des assurances.
De combien augmente mon coefficient après un accident responsable ?+
Un sinistre pour lequel vous êtes totalement responsable multiplie votre coefficient par 1,25 (soit +25 %). En cas de responsabilité partagée, la majoration est de +12,5 % (coefficient × 1,125). Ces règles sont à vérifier selon votre contrat.
Un sinistre vol ou bris de glace fait-il perdre mon bonus ?+
En principe, les sinistres non responsables (vol, bris de glace, catastrophes naturelles…) n'affectent pas votre coefficient. Vérifiez néanmoins les conditions de votre contrat, car certaines modalités peuvent varier.
Mon bonus-malus change-t-il si je change d'assureur ?+
Non, le coefficient CRM suit le conducteur, pas le véhicule ni l'assureur. Votre ancien assureur vous remet un relevé d'information que vous transmettez à votre nouvel assureur, lequel applique le coefficient indiqué.
Qu'est-ce que le relevé d'information et à quoi sert-il ?+
Le relevé d'information est un document officiel fourni par votre assureur actuel (ou à sa demande) qui récapitule votre coefficient CRM et vos sinistres des dernières années. Il est indispensable lors de tout changement d'assureur.
Puis-je assurer ma voiture si j'ai un fort malus ?+
Oui. Des assureurs spécialisés proposent des contrats aux conducteurs malusés. En dernier recours, le Bureau Central de Tarification (BCT) peut contraindre un assureur à couvrir la RC obligatoire. Ne restez jamais sans assurance : le défaut d'assurance est un délit puni d'une amende pouvant atteindre 3 750 €.
La surprime jeune conducteur est-elle la même chose que le malus ?+
Non. La surprime jeune conducteur est une majoration spécifique appliquée les premières années après l'obtention du permis, distincte du coefficient bonus-malus. Les deux mécanismes sont indépendants et peuvent se cumuler. La conduite accompagnée (AAC) peut permettre de bénéficier d'une surprime réduite.
À lire aussi
Sources
- Légifrance — Art. L211-1 Code des assurances (obligation d'assurance)
- Légifrance — Art. L113-15-2 Code des assurances (loi Hamon, résiliation infra-annuelle)
- Légifrance — Art. L324-2 Code de la route (défaut d'assurance)
- Service-public.fr — Bonus-malus (coefficient de réduction-majoration)
- Service-public.fr — Assurance auto : obligations et garanties
- Economie.gouv.fr — Résiliation d'un contrat d'assurance
- ORIAS — Registre des intermédiaires en assurance
- ACPR Banque de France — Autorité de contrôle prudentiel et de résolution
Information générale à but pédagogique.Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil personnalisé ; les garanties et conditions dépendent du contrat souscrit. En cas de doute, rapprochez-vous de votre assureur ou d'un conseiller.
Contenu informatif vérifié — ne constitue pas un conseil contractuel.
