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Constat amiable auto : comment bien le remplir pour protéger vos droits

Constat amiable auto : comment bien le remplir pour protéger vos droits

Mis à jour le 13 août 2026

Le constat amiable auto est le document officiel à remplir sur place après une collision entre deux véhicules : il fixe les circonstances de l'accident et déclenche la procédure d'indemnisation auprès des assureurs. Bien complété et signé par les deux conducteurs, il accélère le traitement de votre sinistre et préserve vos droits. En cas d'erreur ou d'oubli, votre indemnisation — et votre coefficient bonus-malus — peuvent en être affectés.

Pourquoi le constat amiable est indispensable après un accident

La RC auto est obligatoire, le constat protège vos droits

Tout conducteur circulant en France doit être couvert a minima par la garantie responsabilité civile (« au tiers »), conformément à l'article L211-1 du Code des assurances. En cas d'accident, c'est cette garantie qui indemnise les dommages causés aux autres. Le constat amiable est le point de départ administratif de toute procédure d'indemnisation : sans lui, votre assureur manque d'éléments factuels pour évaluer les responsabilités.

Trois situations concrètes où le constat fait toute la différence

  • Accrochage dans un parking : un automobiliste ouvre sa portière et heurte votre carrosserie. Sans constat signé, prouver la responsabilité de l'autre conducteur devient très difficile, surtout sans témoin.
  • Collision à un carrefour : les deux conducteurs revendiquent la priorité. Le croquis du constat — avec la position des véhicules et les cases cochées — permet à l'expert de déterminer les responsabilités et d'appliquer le bon barème d'indemnisation.
  • Carambolage léger sur autoroute : plusieurs véhicules impliqués, plusieurs constats à établir. Un constat par paire de véhicules en contact est nécessaire pour que chaque assureur dispose d'informations précises.

Quand le constat n'est pas signé par les deux parties

Si l'autre conducteur refuse de signer ou prend la fuite, ne laissez pas le document vierge : notez les éléments disponibles (plaque d'immatriculation, marque et couleur du véhicule, témoins, photos), puis contactez la police ou la gendarmerie pour un procès-verbal. Transmettez ensuite tous ces éléments à votre assureur dans les délais prévus par votre contrat.

Ce que couvre votre assurance auto après l'accident constaté

La garantie responsabilité civile : le socle obligatoire

La RC obligatoire couvre les dommages corporels et matériels que vous causez aux tiers (l'autre conducteur, ses passagers, les piétons, les biens). Elle ne prend pas en charge vos propres dommages ni vos blessures si vous êtes reconnu responsable.

Garanties facultatives utiles selon votre situation

  • Dommages tous accidents (tous risques) : couvre les dégâts sur votre propre véhicule, même si vous êtes responsable ou si aucun tiers n'est identifié (p. ex. accrochage dans un parking sans témoin). Particulièrement utile pour un véhicule récent ou de valeur.
  • Bris de glace : prend en charge le remplacement du pare-brise ou des vitres endommagés lors de l'accident, selon les conditions de votre contrat.
  • Garantie du conducteur : indemnise vos propres blessures en tant que conducteur responsable, là où la RC ne joue pas. Les plafonds et exclusions varient selon le contrat : vérifiez votre notice.
  • Assistance : permet le remorquage et la mise à disposition d'un véhicule de remplacement après l'accident. Vérifiez les conditions de déclenchement (distance minimale du domicile, etc.).
  • Protection juridique : prend en charge les frais de défense si le litige sur la responsabilité dégénère en contentieux.

Après le constat : déclarer le sinistre sans tarder

Le constat doit être transmis à votre assureur dans les délais prévus par votre contrat (souvent 5 jours ouvrés après l'accident — à confirmer dans vos conditions générales). Pour connaître toutes les étapes, consultez notre guide sur la déclaration de sinistre auto.

Remplir le constat amiable étape par étape : les cases clés

Le constat amiable européen est un formulaire standardisé à deux volets autocopiants (un pour chaque conducteur). Voici les points critiques à ne pas négliger.

En-tête : informations de base

  • Date, heure et lieu de l'accident : soyez précis (nom de rue, commune, numéro si possible).
  • Nombre de véhicules impliqués et de blessés : mentionnez systématiquement les blessés éventuels, même légers — cela conditionne l'intervention des secours et la procédure d'indemnisation.
  • Dégâts matériels autres que les deux véhicules : clôture, mobilier urbain, animal… à signaler dans la case prévue.

Colonnes A et B : renseignements sur chaque véhicule

  • Numéro d'immatriculation, marque et modèle.
  • Nom de l'assureur et numéro de police : ces informations figurent sur l'attestation d'assurance (anciennement la carte verte, supprimée au format papier depuis le 1er avril 2024 — le contrôle se fait désormais via le Fichier des Véhicules Assurés).
  • Nom du souscripteur et du conducteur si différents.

Cases à cocher : les circonstances (cases 1 à 17)

C'est la partie la plus décisive pour l'appréciation des responsabilités. Cochez uniquement les cases qui correspondent à votre situation réelle — chaque case cochée peut influencer le partage de responsabilité et donc votre bonus-malus. Comptez le nombre de cases cochées et reportez-le dans la case prévue à cet effet (sous chaque colonne).

  • *Exemples de cases fréquentes* : « en stationnement », « quittait un stationnement », « s'engageait dans un parking », « tournait à gauche », « n'avait pas observé un signal de priorité »…

Le croquis : indispensable et souvent négligé

Représentez les voies de circulation, la signalisation visible (panneaux, feux), la position des véhicules avant le choc, la direction de chacun et le point d'impact. Un croquis clair vaut souvent plus que de longues explications.

Observations et signature

  • La zone « observations » permet d'ajouter tout élément non couvert par les cases (témoin, conditions météo, signalisation absente…). Soyez factuel et concis.
  • Signez AVANT de séparer les feuillets : une fois le document séparé, toute modification est impossible et peut être contestée. Si un point est contesté, notez-le dans « observations » avant de signer.

Après la séparation

  • Prenez des photos du constat rempli ainsi que des dégâts et de la scène de l'accident.
  • Chaque conducteur conserve son volet et le transmet à son assureur.

Bonus-malus et franchise : ce que l'accident change concrètement

Impact du constat sur votre coefficient bonus-malus

Le coefficient de réduction-majoration (CRM), communément appelé bonus-malus, est recalculé à chaque échéance annuelle sur la base de votre relevé de sinistralité. En cas de sinistre dont vous êtes reconnu responsable à titre principal, votre coefficient est multiplié par 1,25 (soit +25 %). En cas de responsabilité partagée, la majoration est de l'ordre de +12,5 % (à valider selon votre contrat et les règles de la clause-type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances). Le coefficient ne peut pas dépasser 3,50.

À l'inverse, chaque année sans sinistre responsable réduit le coefficient de 5 % (× 0,95), jusqu'au bonus maximal de 0,50. C'est pourquoi les cases cochées sur le constat — et donc le partage de responsabilité — ont un impact direct sur votre prime future.

La franchise : votre part dans l'indemnisation

La franchise est le montant restant à votre charge après indemnisation par l'assureur. Son montant dépend de votre contrat et de la garantie concernée (dommages, bris de glace, vol…). Consultez vos conditions générales pour en connaître le montant exact. Attention : en cas de responsabilité totale de l'autre conducteur identifié et assuré, votre propre franchise peut ne pas s'appliquer — vérifiez avec votre assureur.

Garantie du conducteur : un point souvent sous-estimé

Si vous êtes responsable de l'accident et blessé, la garantie responsabilité civile ne vous couvre pas. Seule la garantie du conducteur — si vous l'avez souscrite — indemnise vos préjudices corporels. C'est un point à vérifier impérativement dans votre contrat.

Le relevé d'information : votre historique suit le constat

À chaque changement d'assureur, votre nouvel assureur demande votre relevé d'information à l'ancien. Ce document retrace vos sinistres sur les deux ou trois dernières années (selon les assureurs) et votre coefficient actuel. Un constat mal géré — ou une déclaration tardive — peut y laisser une trace défavorable.

Quel impact sur le coût de votre assurance auto ?

Les facteurs de tarification à connaître

Le prix de votre assurance auto dépend de plusieurs variables que l'accident (et le constat) peut faire évoluer :

  • Votre coefficient bonus-malus : un sinistre responsable le majore de 25 %, ce qui se répercute directement sur votre prime à la prochaine échéance.
  • Votre historique de sinistres : plusieurs sinistres responsables rapprochés peuvent vous qualifier comme « conducteur malusé » et rendre certains assureurs réticents.
  • La formule choisie : un contrat tous risques, qui couvre vos dommages propres, est plus cher qu'un contrat au tiers — mais c'est lui qui intervient après un accident dont vous êtes responsable, sans tiers identifié, ou en cas de responsabilité partagée.
  • Le véhicule : sa valeur, sa puissance et son âge influencent la prime. Après un accident avec dommages importants, la valeur résiduelle du véhicule peut aussi changer.
  • La zone géographique et l'usage : certaines zones présentent une sinistralité statistiquement plus élevée, ce qui se reflète dans la tarification.

Pourquoi comparer après un sinistre ?

Suite à un accident responsable, votre prime peut augmenter à l'échéance. C'est le bon moment pour faire comparer votre contrat : la loi Hamon permet de résilier votre assurance auto à tout moment après la première année, sans frais ni motif. Le nouvel assureur se charge des démarches.

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Choisir ou changer d'assurance auto après un accident

Critères de choix adaptés à votre situation post-accident

  • Vérifiez que la garantie du conducteur est incluse ou proposée en option : en cas d'accident responsable avec blessures, c'est votre seul filet de sécurité pour l'indemnisation corporelle.
  • Comparez les franchises sur la garantie dommages : une franchise élevée réduit la prime mais augmente votre reste à charge en cas de sinistre.
  • Évaluez la valeur de votre véhicule : si elle est faible (véhicule ancien), le tous risques peut ne pas être justifié économiquement — l'indemnisation dommages étant plafonnée à la valeur du véhicule.
  • Lisez les exclusions : conduite sous alcool ou stupéfiants, défaut de permis valide, usage non déclaré (professionnel, VTC) figurent généralement parmi les exclusions standard. Un sinistre survenu dans ces conditions peut ne pas être couvert.

Résiliation loi Hamon : changer d'assureur à tout moment

Depuis la loi Hamon (art. L113-15-2 du Code des assurances), après la première année de contrat, vous pouvez résilier votre assurance auto à tout moment, sans frais ni pénalité. Le nouveau contrat entre en vigueur le jour de la résiliation de l'ancien, sans aucune interruption de garantie — la RC obligatoire ne doit jamais être interrompue.

Les étapes concrètes pour changer

  1. Comparez les offres en tenant compte de votre nouveau coefficient bonus-malus et de votre historique de sinistres.
  2. Souscrivez le nouveau contrat : le nouvel assureur notifie lui-même la résiliation à l'ancien.
  3. Récupérez votre relevé d'information auprès de votre ancien assureur (il est obligatoire de vous le fournir) : il vous servira pour tout nouveau devis.

Pour aller plus loin sur la procédure complète, consultez notre guide sur la déclaration de sinistre auto, et explorez toutes les formules disponibles sur notre page assurance auto.

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Questions fréquentes

Le constat amiable est-il obligatoire après un accident ?+

Non, le constat amiable n'est pas légalement obligatoire, mais il est fortement recommandé : c'est le document de référence que les assureurs utilisent pour déterminer les responsabilités et traiter l'indemnisation. En son absence, les délais et les preuves disponibles se compliquent.

Que faire si l'autre conducteur refuse de signer le constat ?+

Notez les informations disponibles (plaque d'immatriculation, description du véhicule, témoins éventuels), prenez des photos, et signalez le refus dans la case « observations ». Contactez ensuite la police ou la gendarmerie pour un procès-verbal, puis déclarez le sinistre à votre assureur dans les délais contractuels.

Puis-je modifier le constat après l'avoir signé ?+

Non. Une fois les deux volets séparés, toute modification est impossible et peut être contestée. Si vous avez un désaccord avec l'autre conducteur, mentionnez-le dans la case « observations » avant de signer.

Le constat amiable engage-t-il ma responsabilité ?+

Les cases que vous cochez décrivent les circonstances de l'accident et servent à apprécier la responsabilité. Elles n'équivalent pas à un aveu juridique, mais elles influencent le partage de responsabilité — et donc votre bonus-malus. Cochez uniquement ce qui correspond à votre situation réelle.

Dans quel délai dois-je envoyer le constat à mon assureur ?+

Le délai est fixé par votre contrat d'assurance, souvent 5 jours ouvrés après l'accident (à vérifier dans vos conditions générales). En cas de vol, ce délai est généralement de 2 jours ouvrés. Respectez ces délais pour éviter toute déchéance de garantie.

Un accident sans blessé nécessite-t-il d'appeler la police ?+

Non, si les deux conducteurs sont d'accord sur les circonstances et signent le constat, la police n'est pas obligatoire. En revanche, si l'un refuse de signer, s'il y a des blessés, ou si un délit est en cause (alcool, défaut de permis…), le recours aux forces de l'ordre est nécessaire.

Est-ce qu'un accident non responsable fait perdre mon bonus ?+

Un accident dont vous n'êtes pas responsable n'entraîne en principe pas de majoration de votre coefficient bonus-malus. Seuls les sinistres où votre responsabilité est retenue (totalement ou partiellement) affectent votre CRM. Vérifiez toutefois les conditions exactes dans vos conditions générales.

La carte verte est-elle encore nécessaire pour remplir le constat ?+

Depuis le 1er avril 2024, la carte verte papier a été supprimée. Les informations d'assurance (assureur, numéro de police) que vous reportez sur le constat figurent sur votre attestation d'assurance dématérialisée ou dans votre espace assuré. Le contrôle de l'assurance se fait désormais via le Fichier des Véhicules Assurés (FVA).

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Sources

Information générale à but pédagogique.Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil personnalisé ; les garanties et conditions dépendent du contrat souscrit. En cas de doute, rapprochez-vous de votre assureur ou d'un conseiller.

Contenu informatif vérifié — ne constitue pas un conseil contractuel.